Forces et Faiblesses de l’activisme des jeunes au Sénégal



Les jeunes au Sénégal et ailleurs sont de plus en plus conscients et bien informés sur les enjeux de la vie politique, économique et sociale de leur pays. Partout sur l’ensemble du territoire national, on peut noter une culture développée de l’activisme et un attachement aux mouvements associatifs.  A titre individuel ou en association, la voix des jeunes se fait de plus en plus audible et considérée par les acteurs et  décideurs politiques.

Aujourd'hui, avec l’essor de la téléphonie mobile et des réseaux sociaux, les jeunes se mobilisent pour défendre divers intérêts communautaires et patriotiques. L’exemple le plus connu étant celui du mouvement « Y’en a marre » piloté par des jeunes qui mobilisés avaient réussi à combattre une loi qui était susceptible de violer les principes de bonne gouvernance et de manipuler la constitution en 2012. Et récemment, sous la houlette de l’ONG « Urgence Panafricaniste » et avec le concours des réseaux sociaux, les jeunes ont vulgarisé le débat sur la monnaie : le Franc CFA jugé défavorable aux économies Africaines.

Ces efforts sont consolidés par le développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication.  Par exemple, l’activisme en ligne occupe de plus en plus un moyen de pression porté par les jeunes pour mener des campagnes de plaidoyer sur des sujets brûlants.  Cela passe aussi par la signature de pétitions en ligne pour exiger des décisions politiques. Toutefois,  la marche et la presse demeurent encore des tactiques souvent utilisées pour provoquer des réactions de la part des décideurs.

Si l’activisme des jeunes a porté ses fruits à bien des reprises, il faut aussi souligner que des obstacles de diverses natures freinent les solutions définitives. Par exemple, si en 2012 les jeunes ont joué un rôle important pour la défense des institutions de la République, il faut noter que les mêmes défis de gouvernance persistent et les jeunes sont toujours bien moins représentés dans les instances de décision. Dès lors, nous pouvons conclure qu'on a un activisme plus susceptible de provoquer un changement temporaire (limogeage, démission etc.) en lieu et place d'un activisme gage de solutions durables pour la justice sociale, l’inclusion, la participation citoyenne, l’équité, la transparence etc.

Par ailleurs, les initiatives isolées, la perte de crédibilité de certains mouvements de jeunesse due à un manque de transparence au niveau interne, l’accès difficile aux outils de communication pour la plupart des jeunes constituent autant de facteurs qui anéantissent la portée de l’activisme des jeunes au Sénégal.

Malgré ces obstacles, il faut noter que la situation politico-économique actuelle, le chômage endémique qui en résulte et la démographie galopante du pays restent des « bombes à retardement » susceptibles d’impulser un activisme violent des jeunes menaçant ainsi la paix sociale et la stabilité au Sénégal.

Ousmane Djiby SAMBOU
DCFP/NAYD Senegal

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